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carte des croisades

     epee croisade L'EPOPEE DES CROISADES           epee croisade       
Pelerinage ou expédition militaire ?

 

Les croisades ont marqué l'Occident pendant près de deux siècles, du Concile de Clermont en 1095urbain II preche la premiere croisade à la chute d'Acre en 1291. Elles furent d'abord des expéditions en Terre Sainte pour reprendre Jérusalem aux musulmans. Mais elles s'étendirent vite à d'autres fronts, en Espagne, dans les Pays-Bas, contre les hérétiques du Languedoc.

Les croisades, ce sont des armées de princes, de chevaliers, mais aussi des foules de pèlerins, de femmes, d'enfants. Ce sont des gestes de foi, mais aussi des entreprises politiques, parfois brutales, souvent contradictoires.

la croix des croises

 

Elles suscitèrent enthousiasme et ferveur, mais aussi critiques et doutes dès le Moyen Âge. Plus de huit siècles plus tard, le mot « croisade » continue de résonner fortement. Il évoque à la fois l'héroïsme, la foi et la violence, la rencontre et le choc des civilisations.

 

Le phénomène des croisades était à prendre sous plusieurs angles, le mot croisade est tardif, il a été désigné du terme de croisade seulement en français au XIVe siècle. Avant, on parle de voyage, il y a toujours l'idée de ce déplacement, et ce qui rappelle que la croisade est fondamentalement un pèlerinage, même si c'est aussi une expédition armée.

Le terme "croisé" vient du fait que ceux qui partaient en croisade, avaient cousu une croix sur leur épaule et donc ils étaient marqués du signe de la croix. ça a donné donc les croisés. Mais très souvent, les chroniqueurs les appellent les pèlerins. On voit la force de l'idée de pèlerinage et de l'idée qu'on est pèlerin quand on part en croisade.  

 

 

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L'appel du pape Urbain II en 1095

 

   

 le pape urbain IIPersonne ne peut déclencher une croisade sauf le pape. C'est-à-dire que pour qu'il y ait croisade, il faut qu'il y ait appel de la papauté. Il y a la protection des biens des croisés. qui partent et qui ont peur que, pendant qu'ils sont absents, un seigneur voisin ne vienne s'emparer de leur terre, Donc il y a une protection accordée par la papauté. Il y a également cette fameuse indulgence de croisade, qui vaut une pénitence. Et donc, si vous partez en croisade et si vous vous êtes confessé de vos péchés, vous devez normalement accomplir des pénitences. Ça peut être des jeûnes, ça peut être des pèlerinages, etc. Et le fait de partir en croisade, Vaut pour toutes ces pénitences. Mais vous n'êtes absolument pas ni sanctifié, ni vous n'avez pas l'accès au paradis. Alors, qu'est-ce qui motive,  l'appel d'Urbain II * à Clermont en 1095 ?consile de clermont

les historiens ont avancé plusieurs explications qui ne sont pas exclusives les unes des autres. On rappelle souvent que la papauté a lancé cet appel à l'aide finalement des chrétiens d'Orient, est-ce qu'il y a vraiment un appel à l'aide formel ?

Il y a eu une demande au Concile de Plaisance en 1095, de la part de l'empereur byzantin Alexis Ier-Komnène*, qui se bat contre les Turcs, l'Empire byzantin, est attaqué par les Turcs, et puis des tribus liées aux Turcs, comme les Pechenegs, peu importe, et Alexis Komnen a demandé une aide militaire. au monde latin, au monde catholique.alexis 1er comnene

Du côté de ceux qui partent, il y a incontestablement chez beaucoup l'idée de… d'aller accomplir un pèlerinage en Terre Sainte. Et il y a aussi, chez un certain nombre de croisés, manifestement, l'idée qu'on va pouvoir en Terre Sainte se bâtir des seigneuries, qu'on n'a pas les moyens de se bâtir en Europe, on a souvent dit aussi que c'était pour envoyer les seconds des familles qui pouvaient être un peu turbulents, alors dans certains cas, effectivement, ce sont des cadets de familles qui partent, mais dans d'autres cas, non, ce sont des princes territoriaux qui partent, comme Godefroy de Bouillon *, comme Baudouin de Flandre *, le concile de Clermont et la véritable martyrice de la croisade qui apparaît comme… comme une campagne militaire au secours des chrétiens gagnants, mais plus encore comme un pèlerinage à valeur pénitentielle.

 

 

Notes : Urbain II, de son vrai nom Odon de Lagery, né en Champagne vers 1035, mort à Rome le 29 juillet 1099, est le 159e pape de l'Église catholique. Il a été à Reims l'élève de Saint Bruno avant de devenir moine à Cluny. Il succède en 1088 à Victor III sur le trône de Saint-Pierre. Il s'inscrit dans la lignée des grands papes réformateurs d'après l'An Mil comme Grégoire VII. Il veut en particulier moraliser la chevalerie, éradiquer la violence et mettre fin aux guerres privées entre seigneurs féodaux, brutales, incessantes et cruelles.

Alexis Ier Comnène, né vers 1058 et mort le 15 août 1118, est un empereur byzantin du 1er avril 1081 au 15 août 1118. Il est le troisième fils du curopalate Jean Comnène et d'Anne Dalassène, et le neveu de l'empereur Isaac Ier. Son règne de 37 ans est l'un des plus longs de l'Empire byzantin et aussi l'un des plus agités. Son arrivée au pouvoir marque la fin d'une période de guerres civiles qui ont mis à bas les structures impériales solides de l'ère macédonienne tandis que les menaces extérieures s'amoncellent, conduisant à des pertes territoriales importantes, allant jusqu'à menacer la survie même de l'Empire

 

 

 

  

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La 1ère croisade - 1096-1099 

 

 

la terre sainte en 1095

Les envoyés de l'empereur) Alexis Ier Comnène avaient appelé les chevaliers francs à venir au secours de Byzance. Mais par son appel de Clermont, le pape Urbain II modifie la donne. Il organise une expédition sous son égide, en forme de pèlerinage.alexis comnene et pierre lermite

C'est un pèlerinage en armes. mais à cette première croisade aussi  il y a plein de pèlerins, il y a des femmes, il y a aussi des enfants, des pèlerins qui marchent juste armés d'un bâtonet ça montre bien qu'on ne peut pas assimiler croisade et guerre sainte.

  1.  L'expédition comprend quatre armées :pierre lermite 

• les Français du nord se sont placés sous le commandement de Hugues de Vermandois*hugues de vermandois

• Les chevaliers des régions du Rhin et de la Meuse, au nombre de 10 000, sont dirigés par le comte Baudouin de Flandre et son frère, le duc de Basse-Lotharingie Godefroi (ou Godefroy) de Bouillon. Ce dernier n'a pas hésité à vendre ou engager une grande partie de ses domaines pour financer son expédition.
• Les Français du midi suivent le comte de Toulouse, Raimon IV de Saint-Gilles.

• D'Italie méridionale part une armée commandée par Bohémond de Tarente. Celui-ci est le fils de Robert Guiscard, l'un des seigneurs normands qui règnent sur la Sicile et l'Italie du sud. Il est accompagné de son neveu Tancrède.

 comte de toulouse

Dans les six derniers mois de l’année 1096, un énorme dispositif militaire prend forme en Europe. Les préparatifs vont bon train pour donner naissance à la formation de la 1ère Croisade. Des moyens considérables sont rassemblés en hommes et en matériels. Ils ont pour objectif, pense-t-on avec ferveur, de libérer les routes de la Terre-Sainte. Cette colossale expédition prend le nom de « Croisade des Seigneurs », car aucun monarque n’y prend part ; ils ont tous été excommuniés par le pape. Ce sera donc sans Philippe 1er, roi de France, ni Guillaume II le Roux, roi d’Angleterre, et sans l’Empereur germanique Henri IV, du Saint-Empire, que la puissante armée chrétienne partira pour la Palestine.

 

Les seigneurs qui dirigent l’expédition vont se montrer courageux et intrépides et s’assurer d’une grande renommée.

beaudoinII

bohemon le normandfrederic barberoussegodefroy de bouillonrichard coeur de lion

 

 

 

 

 

 

 

Les armées venues de France se rejoignent à Constantinople. Au total 150 000 personnes, seigneurs, soldats, clercs et serviteurs. Par son faste et sa munificence, la ville suscite l'émoi chez ces frustes guerriers d'Occident. Elle est à cette époque la plus grande cité du monde et sans doute la plus belle et la plus animée.

De cette rencontre entre l'Occident et l'Orient nous reste l'expression triviale : « C'est Byzance ! »

Les Byzantins, de leur côté, croient pouvoir employer les Occidentaux à leur service comme de simples mercenaires. Ils ne tarderont pas à déchanter car les croisés n'ont nullement l'intention de se mettre sous leurs ordres

Mais pour l'heure, Godefroi de Bouillon s'agenouille devant l'empereur et invite les autres croisés à faire de même. Alexis Comnène s'engage à aider les armées de croisés à traverser le Bosphore. Il promet de leur donner des guides et quelques détachements pour la traversée de l'Anatolie. 

En échange, Godefroi promet à l'empereur de lui restituer tous les territoires qui seront repris aux Turcs et avaient naguère appartenu aux Byzantins (mais comme chacun sait, les promesses n'engagent que ceux qui les reçoivent).

traversee du bosphore en 1097

siege de nicee 1097

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les croisés traversent le détroit du Bosphore. En mai 1097, avec leurs puissantes machines de siège, ils s'emparent de Nicée (aujourd'hui Iznik), qu'ils restituent comme promis à l'empereur Alexis Ier.Le sultan Kilij Arslankilij arslan croyait jusque-là n'avoir affaire qu'à des mercenaires engagés par le « roi des Roms », Alexis Comnène. Il se rend compte que les croisés sont mûs par une ardeur nouvelle qui les rend infiniment dangereux. Il envoie à leur rencontre une nombreuse armée de cavaliers. Mais celle-ci est défaite à Dorylée, au nord-ouest de l'Anatolie, le 1er juillet 1097, grâce à la charge in extremis d'une centaine de chevaliers conduits par Godefroi de Bouillon.

Les croisés, malgré un sol escarpé et un climat torride, franchissent le défilé du Taurus et débouchent dans les plaines de Cilicie. Entre temps, la quatrième armée, venue d'Italie méridionale, a débarqué à Constantinople et rejoint les autres.

Bohémond de Tarente met le siège devant la ville d'Antioche, au nord de la Syrie. C'est la première cité importante sur le chemin de Jérusalem. Pendant le siège, si l'on en croit la chronique citée par l'historien René Grousset, il se débarrasse d'une curieuse façon des espions musulmans qui infestent le camp: il ordonne de mettre à la broche des prisonniers turcs et à qui l'interroge, il répond sur un ton naturel qu'il s'agit d'améliorer l'ordinaire de l'état-major avec des espions. 

Le même Bohémond fait croire aux Byzantins qui l'accompagnent que des Francs de son armée en veulent à leur vie. Sans demander leur reste, les Byzantins s'enfuient. Alors, Bohémond réunit ses hommes et leur déclare que les Byzantins l'ayant abandonné, il se libère de son engagement de vassalité à l'égard de l'empereur byzantin ! Ce qui lui permet de se proclamer prince d'Antioche le 2 juin 1098, lors de la chute de la ville après huit mois de siège et des pertes considérables chez les assiégeants comme chez les assiégés.

C'est ainsi qu'au lieu que la croisade aboutisse à la récupération par Byzance de ses provinces du Levant, elle conduira à la création de colonies franques. Mauvais calcul car, isolées de leur base arrière, elles seront vouées à une disparition rapide.

Si l'on en croit encore la chronique, c'est un habitant de la ville, un certain Firouz, fabricant de cuirasses de son état, qui aurait ouvert les portes de la ville aux croisés pendant la nuit, pour se venger de sa femme qui l'avait trompé !

Au terme de ces épreuves, les croisés sont à bout : longues marches sous la chaleur, maladies et manque de nourriture, sièges épuisants, combats frontaux contre les cavaliers turcs... Un très grand nombre d'entre eux sont morts en chemin et chez les survivants, la lassitude le dispute à la foi.

Après la mort du légat pontifical, le 1er août 1098, beaucoup de seigneurs oublient la promesse faite à l'empereur byzantin et ne résistent plus à la tentation de s'offrir une principauté. Ainsi, à l'imitation de Bohémond de Tarente, qui s'est proclamé prince d'Antioche, Baudouin de Flandre attaque pour son compte la ville d'Édesse, en Mésopotamie du nord, au-delà de l'Euphrate.

Les croisés font ensuite le siège de la ville syrienne de Maaret en-Nomân (ou Maarat al-Numan), sur le chemin de Jérusalem. La ville est prise mais Bohémond et Saint-Gilles, qui se haïssent comme il n'est pas possible, s'en disputent la possession. L'expédition menace de s'enliser dans les querelles intestines.

C'est alors que survient un événement inattendu : le 2 janvier 1099, les pèlerin misérables de l'expédition s'insurgent. Pour obliger les grands seigneurs à reprendre leur voyage, ils décident de détruire eux-mêmes Maaret. Chose dite, chose faite. Au bout de quelques jours, il n'en reste plus une pierre debout. Ce qui n'arrange pas la situation des croisés, voués à la faim et au cannibalisme...

Le cannibalisme, dites-vous ? Des témoignages concordants attestent de cette pratique, inspirée par la nécessité de la survie et également par la haine de l'ennemi, dont les cadavres sont embrochés et rôtis. Les croisés vont de ce fait et pour longtemps s'attirer une réputation odieuse au sein des populations musulmanes. 

 

 

Notes : Hugues Ier de Vermandois, dit « Hugues le Grand », né en 1057, mort le 18 octobre 1101, comte de Vermandois et de Valois, fils d'Henri Ier, roi de France, et d'Anne de Kiev.

Il prend la croix avec Godefroy de Bouillon et combat au siège de Nicée, à Dorylée. Après la prise d'Antioche, où il gagne le surnom de « Grand », les Turcs viennent assiéger la ville et Hugues, découragé, abandonne les croisés et revient en France sans avoir accompli son vœu. La prise de Jérusalem le couvre de honte et, pour réparer son manquement, il repart vers la Palestine ; il est blessé dans un combat au bord du fleuve Halys et meurt à Tarse, en Cilicie.

 

 

 

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La prise de Jérusalem - 1098

 

 Enfin, les chefs de l'expédition se ravisent. Raimon de Saint-Gilles surmonte le premier la griserie du pouvoir.

Après quelques mois d'hésitation, il reprend sa marche vers Jérusalem en suivant la corniche libanaise. Il est bientôt rejoint par Godefroi de Bouillon.

Les rivalités entre musulmans vont servir les croisés. Pendant que les troupes turques du calife de Bagdad combattaient les croisés en Syrie, les musulmans fatimides d'Égypte profitaient de la situation pour attaquer la Palestine. C'est ainsi que le 26 août 1098, les Égyptiens avaient enlevé aux Turcs la ville de Jérusalem... avec les encouragements des Francs. Quand, un an plus tard, Raimon de Saint-Gilles et Godefroi de Bouillon arrivent au pied des murailles de Jérusalem, ils ont en face d'eux une ville en état de choc, avec des défenses affaiblies par un premier assaut.

Après un siège de plusieurs semaines, ils arrivent à bout de la garnison égyptienne et pénètrent dans la ville. Enfreignant les ordres de leur chef, les croisés massacrent les habitants qui s'étaient réfugiés dans les mosquées.

Avec la prise de Jérusalem, la croisade a atteint le but fixé par Urbain II, non sans d'immenses souffrances. Sur environ 150 000 croisés, combattants et non-combattants, moins d'un dixième sont arrivés au terme du voyage. Mais ceux-là ne sont pas au bout de leurs difficultés...

Après la prise de Jérusalem, les Croisés ont établi plusieurs Etats latins en Terre sainte, notamment le Royaume de Jérusalem, le Comté d'Edesse, le Comté de Tripoli et le Principat d'Antioche. Ces Etats étaient dirigés par des seigneurs croisés et étaient maintenus par une présence militaire constante.

 

 

 

Notes : Les historiens et les chroniqueurs de l’époque évaluent entre 5 et 7000 le nombre des chevaliers ayant participé au siège de Jérusalem. Au Moyen-âge, les armées occidentales comptaient alors 7 à 12 piétons pour un chevalier, les troupes franques devaient être environ 50 à 60 000 en Palestine. En y ajoutant les prêtres, les moines, les pèlerins, les femmes et les enfants, ils pouvaient atteindre les 100 000. Ce sont les chiffres évalués par le chroniqueur Raymond d’Aguilers, qui estimait l’armée initiale partie d’Occident à 100 000 combattants. Sous les remparts de Jérusalem, elle ne totalisait plus que 1200 chevaliers et 10 à 12 000 fantassins, dont les charpentiers, les artisans et les marins venus en renfort. Les forces croisées de Bohémond de Tarente et de Baudouin de Boulogne étant restées respectivement à Antioche et à Edesse, seul 1 soldat chrétien sur 10 aurait donc atteint la Terre Sainte, ou y aurait survécu aux premiers combats.ntrer courageux et intrépides et s’assurer d’une grande renommée

Partis en 1096, les Croisés arrivent à Jérusalem en 1099. Une Croisade est une entreprise très longue ; elle est commandée par la lenteur des moyens de transport de l’époque et les aléas du climat. Si les chevaliers font le trajet à cheval, la foule qui les accompagne se déplace à pied. Souvent les épouses et la famille sont du voyage. A partir de la troisième Croisade, quand Venise prêtera ses bateaux, les déplacements seront plus rapides. Dans les conditions de l’époque, les Croisades s’accompagnent d’une mortalité élevée. Ainsi, sur les 7000 combattants partis d’Europe, 1200 arrivent à Jérusalem.

 

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La 2ème croisade

 

 

 Le 23 décembre 1144, Édesse tombe entre les mains de Zengi, surnommé par les Croisés Sanguinus, l'atabek (ou atabeg) turc de Mossoul et d'Alep et fondateur de la dynastie zengide. Zengi massacre ou réduit en esclavage les chrétiens. Dans la nuit du 14-15 septembre 1146, Zengi est assassiné par l'un de ses eunuques. Son fils, Nur al-Din Mahmud lui succède.

Apprenant la nouvelle de la chute d'Édesse, le pape Eugène III appela à la Croisade, le 1er mars 1146. Contrairement à la première Croisade, cet appel eu beaucoup moins de succés. Le pape dépêcha Bernard de Clairvaux, un moine français très influent à l'époque, pour l'aider dans sa tâche. Il prend la parole le 31 mars 1146, au milieu d'une foule de seigneurs et chevaliers, et en présence du roi de France Louis VII, réunis à Vézelay. C'est un succés, son discours enflammant les foules. Il évoque la chute d'Édesse et la menace pesant sur le tombeau du Christ. Il invite les chevaliers qui veulent se croiser à l'humilité, à l'obéissance et au sacrifice. À Spire (en Allemagne), le 27 décembre 1146, il réussi à convaincre l'empereur romain germanique Conrad III de se croiser.

L'armée de Conrad III arrive la première à Constantinople. Les relations avec le basileus Manuel Ier Comnène ne sont pas bonnes. Les Germains décident alors de traverser l'Asie Mineure le plus vite possible et par conséquent n'attendent pas les Français pour aller délivrer Édesse. L'armée de Conrad III est annihilée par les Turcs Seldjoukides lors de la bataille de Dorylée, le 25 octobre 1147. Ne lui restant que peu d'hommes, il s’en retourne à la rencontre de l’armée française.

Les relations de l'empereur byzantin avec l’armée française sont meilleures, mais Manuel Ier Comnène refuse néanmoins de lui fournir des renforts et fait même promettre de rendre à l'Empire byzantin tout territoire pris à l'ennemi, comme l'avait fait Alexis Ier Comnène, lors de la première Croisade. L’armée française rencontre à Nicée les survivants de l'armée germanique. En novembre 1047, Conrad III, réconcilié avec Manuel Comnène, gagne Acre sur des vaisseaux byzantins. Pour éviter d’avoir à traverser les déserts d’Anatolie, Louis VII choisit un itinéraire plus long. Le 6 janvier 1148, dans les défilés du mont Cadmos, l’avant-garde est séparée du convoi, et les Turcs infligent une lourde défaite à l’armée française.

En mars 1148, épuisés par la traversée de l'Anatolie, Louis VII et ses chevaliers s'embarquent à Attaleia (Antalya au sud de la Turquie actuelle) pour prendre la direction d'Antioche. Les non-combattants sont laissés sur place. Abandonnés à leur sort, ils seront décimés par les Turcs. En juin 1148, Louis VII et Conrad III se rejoignent devant Jérusalem et font leur pèlerinage tout en oubliant leur objectif primaire, la libération d'Édesse. Bien au contraire, le roi Baudouin III de Jérusalem et les chevaliers du temple les envoyèrent plutôt prendre Damas. En juillet 1148, l'expédition contre Damas est avortée par Nur al-Din Mahmud.

En Septembre 1148, Conrad III rentre en Allemagne suivi en 1149, à Pâques, par Louis VII. Cette seconde Croisade est terminée. Cette expédition, d'abord militaire, s'est transformée en pèlerinage princier. Les mésententes entre croisés et leur ignorance totale du contexte politique de la région font de cette croisade un échec retentissant. Les Francs longtemps considérés comme invincible sont ridiculisés.

 

 

 

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 La 3ème croisade

                                                              

La troisième commence en 1189, mais les événements qui la fit naître ont commencé beaucoup plus tôt. En effet, en 1171, Saladin, alors lieutenant de Nur al-Din Mahmud, abolit le califat fatimide d'Égypte en le rattachant au califat abbasside, fondant ainsi la dynastie des Ayyoubides, censée unifier les musulmans de Syrie et d’Égypte sous une seule autorité. En 1174, Nur al-Din Mahmud perdit la vie. Dès lors, Saladin, investi par le calife de l'Égypte et de Syrie, ne cessa d'animer le djihad contre les Francs.

Le 4 juillet 1187 a lieu la bataille de Hattin durant laquelle les troupes du roi de Jérusalem, Guy de Lusignan, sont battues par celles de Saladin. Quatre jours après, Saladin s'empare de Saint-Jean-d'Acre. Le 2 octobre 1187, il prend Jérusalem et reconquiert une partie de la Palestine, mis à part Tyr, Tripoli et Antioche

Enfin, en 1188, le pape Grégoire VIII appelle à la croisade : l'empereur Frédéric Barberousse, le roi de France Philippe Auguste et le roi d'Angleterre Richard Coeur de Lion. Les grands dirigeants de l'époque prennent la croix et ainsi débute la troisième Croisade.

L'empereur germanique Frédéric Barberousse quitte Ratisbonne le 11 mai 1189, traverse le royaume de Hongrie, passe par Constantinople pour se rendre en Anatolie. En Asie Mineure, le vieux sultan turc Kılıç Arslan II, ennemi de Saladin, laisse passer l'armée germanique. Son fils aîné n'étant pas de cet avis, le place sous sa tutelle et attaque aussitôt l’armée de Frédéric Barberousse à Iconium (Konya dans le sud de la Turquie actuelle). L'armée germanique s'en sort vainqueur en mai 1190. Elle continue sa route et arrive en Cilicie, mais Frédéric Barberousse se noie en traversant le Saleph, le 10 juin 1190. Son armée se dispersent immédiatement après sa mort. S'en est déjà fini de la campagne germanique.

En ce qui concerne les Français et les Anglais. Ils choisissent de ne pas partir immédiatement puisque Philippe Auguste et l'actuel roi d'Angleterre, Henri II, sont occupés à se faire la guerre. Ce dernier meurt le 6 juillet 1189, et son fils Richard Cœur de Lion lui succède. Il reprend la promesse de croisade de son père. Le 4 juillet 1190, Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion, désormais allié mais se méfiant l'un de l'autre, partent de Vézelay. Chacun des camps prend un chemin différent, Philippe s’embarquant à Gênes et Richard à Marseille.

Après une halte à Messine, en Sicile, Philippe Auguste reprend la mer le 30 mars 1191 et arrive en vue de la côte palestinienne le 20 avril. De son côté, Richard Cœur de Lion part le 10 avril, mais une tempête déroute sa flotte sur Chypre. Cette île, gouvernée par l'empereur usurpateur de Chypre, Isaac Doukas Comnène, dont la politique, hostile aux croisés, le conduit à informer Saladin des mouvements de la croisade. Richard en profite alors pour prendre Chypre, le 21 mai. Il embarque de nouveau et arrive à Acre le 7 juin.

Depuis août 1189, Acre est assiégé par Guy de Lusignan. L'arrivée des croisés permit de reprendre la cité le 12 juillet 1191. Sachant politiquement qu'il ne peut se permettre de laisser le royaume de France sans roi, Philippe Auguste annonce son départ vers l’Europe, laissant Richard Coeur de Lion la charge de poursuivre la Croisade seul. Celui-ci fait exécuter tous les défenseurs musulmans d'Acre attisant un peu plus la colère des Arabes et de Saladin, juste alors plutôt conciliant dans les négociations.

Richard et son allié le grand maître de l'ordre du Temple, Robert de Sablé entreprennent alors la reconquête du littoral palestinien entre Acre et Ascalon. Le 7 septembre 1191, Saladin subit une lourde défaite à Arsouf, marquant le retour de la suprématie militaire des Francs.

En 1192, Guy de Lusignan est en charge du royaume de Chypre. Début août 1192, Saladin subit une nouvelle défaite à Jaffa et perd la ville mais Richard Coeur de Lion ne parvient pas à atteindre Jérusalem. Le 2 septembre 1192, le roi d'Angleterre est obligé de conclure un accord avec Saladin. Il s'agit d'une trêve de 3 ans pendant lesquels les chrétiens auront la liberté de pèlerinage à Jérusalem. Saladin leur concède également un territoire côtier entre Tyr et Jaffa. Satisfait, Richard quitte la Terre sainte le 9 octobre pour revenir en Occident.

En 1193, Saladin meurt et son empire est partagé entre ses fils et son frère Al-Adel. Les fils se font directement la guerre et Al-Adel en sort vainqueur, se rendant maître de l’empire ayyoubide. Al-Adel considère que le Jihad n’a plus de raison d’être, après la prise de Jérusalem, il pratique une politique de paix avec les Francs, nouant même des relations avec la République de Venise
 

  

  

  

Notes : Les historiens et les chroniqueurs de l’époque évaluent entre 5 et 7000 le nombre des chevaliers ayant participé au siège de Jérusalem. Au Moyen-âge, les armées occidentales comptaient alors 7 à 12 piétons pour un chevalier, les troupes franques devaient être environ 50 à 60 000 en Palestine. En y ajoutant les prêtres, les moines, les pèlerins, les femmes et les enfants, ils pouvaient atteindre les 100 000. Ce sont les chiffres évalués par le chroniqueur Raymond d’Aguilers, qui estimait l’armée initiale partie d’Occident à 100 000 combattants. Sous les remparts de Jérusalem, elle ne totalisait plus que 1200 chevaliers et 10 à 12 000 fantassins, dont les charpentiers, les artisans et les marins venus en renfort. Les forces croisées de Bohémond de Tarente et de Baudouin de Boulogne étant restées respectivement à Antioche et à Edesse, seul 1 soldat chrétien sur 10 aurait donc atteint la Terre Sainte, ou y aurait survécu aux premiers combats.ntrer courageux et intrépides et s’assurer d’une grande renommée

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La bataille de Mantzikert (Anatolie orientale) est considérée comme un tournant dans l’histoire turque. Menées par le sultan Alparslan (“coeur de lion”), les 30000 soldats de l' armée turque des Seldjoukides vainquirent ce jour-là les 60000 byzantins et capturèrent l'empereur Romanos IV Diogène, ouvrant la voie à l'Empire ottoman et instaura dans la région les nouveaux beyliks turcs (principautés).

L’histoire veut que les flancs des Seldjoukides aient encerclé les Byzantins, tandis que leurs forces centrales simulaient un repli pour semer la confusion, manœuvre traditionnelle turque. Alp Arslan, deuxième sultan des Turcs Seldjoukides, bat les troupes réunies et dirigées par l'empereur byzantin Romain IV Diogène, qu'il fait prisonnier. La bataille de Mantzikert s’inscrit dans la montée en puissance des Turcs. Quelques décennies auparavant, ils se sont emparés de Bagdad et sont devenus la principale puissance militaire du monde musulman, s’opposant notamment aux Fatimides d’Égypte.

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Notes : La politique néo-ottomane du président Erdoğan remet au goût du jour cet événement comme un fondement de l’histoire turque. Durant l’édition 2018 du festival, le président turc avait déclaré : « Si nous oublions l’esprit de Malazgrit, nous oublierons notre passé et n’aurons pas d’avenir. » Le millénaire de la bataille de Manzikert est souvent évoqué par le président Erdoğan comme un objectif clé. En 2012, alors Premier ministre, il déclarait : « En 2071, la Turquie, si Dieu le veut, atteindra à nouveau le niveau qu'elle a atteint dans le passé sous les Ottomans et les Seldjouks. » et s’assurer d’une grande renommée

  

  

1098 - Les Fatimides reprennent Jérusalem aux Seldjoukides. Au Nord, les Croisés fondent le comté d’Edesse et prennent Antioche avec difficulté. Ils ne la rendent pas aux Byzantins comme c’était prévu, provoquant la colère du basileus.

 1099 - La croisade atteint son but, Jérusalem. La ville est prise le 15 juillet et « purifiée » dans le sang. Godefroy de Bouillon est élu « avoué du Saint-Sépulcre », mais beaucoup de barons et de pèlerins rentrent en Occident. Commence la difficile construction des Etats latins d’Orient : le royaume de Jérusalem, la principauté d’Antioche et les comtés de Tripoli et d’Edesse.

1100-1118 - Règne du premier roi de Jérusalem, Baudoin 1er. Il conquiert des places importantes, comme Acre (1104) ou Beyrouth (1110), tout en tenant en respect les contre-attaques turques et fatimides. En 1115, il fait construire le fameux château de Montréal. Parallèlement, le roi doit gérer les rivalités internes aux autres Etats latins.

1105 - A Harran, les latins connaissent leur première défaite d’importance face à l’atabeg de Mossoul,Mawdud.

1118-1131 - Règne de Baudoin II de Jérusalem. Il tente de continuer l’œuvre de son prédécesseur, mais connait des difficultés, étant même fait prisonnier en 1123.

1119 - La bataille de l’Ager Sanguinis est une terrible déroute pour les croisés. C’est le début des problèmes pour le comté d’Edesse.

1144 - Les musulmans, avec à leur tête l’atabeg de Mossoul Imad ed-Din Zengi, s’emparent du comté d’Edesse, un des quatre Etats latins fondés par les Croisés en Orient. En Occident, c’est la tristesse et la désolation. Cet événement contraint le pape Eugène III à prédire une deuxième croisade. Le 31 mars 1146, à Vézelay, Saint Bernard prêche la Deuxième Croisade en présence du roi de France Louis VII et de la reine Aliénor d’Aquitaine. Prédication qu’il renouvellera le 27 décembre, devant la Diète à Spire, sous la présidence de Conrad III de Hohenstaufen. 

L’opération doit être dirigée par les deux monarques, le roi de France Louis VII et l’Empereur Conrad III de Hohenstaufen. Cependant, la mésentente entre les deux souverains, l’absence de coordination, le manque de préparation et les fautes militaires, vont conduire les armées chrétiennes vers un échec annoncé. Le 26 octobre 1147, à la seconde bataille de Dorylée (Turquie), la Croisade allemande de Conrad III de Hohenstaufen est décimée par les forces seldjoukides du sultan Masud Ier (Mesud Ier, 1116-1155), ce qui oblige l’Empereur germanique à rentrer en Allemagne. De son côté, Louis VII aura fort à faire avec la déloyauté et l’hypocrisie de l’Empire byzantin. Son manque d’expérience militaire l’emmène du 24 au 28 juillet 1148 sous les remparts de Damas. Le siège est un échec ; c’est une nouvelle défaite des Croisés. C’est sans gloire que les Chrétiens lèveront le camp et rentreront en Europe. La réputation et le moral des armées croisées sont tombés si bas que nul ne pense alors à reprendre le combat.

1145-1146 - Le pape Eugène III appelle à la croisade (1145), chargeant Bernard de Clairvaux de sa prédication. Mais les volontaires ne se bousculent pas… Il faut attendre l’année suivante pour que le roi de France Louis VII s’engage, tout en persuadant l’empereur Conrad III de l’accompagner. 

 

 

1097

La bataille d'ANTIOCHE

 

la route des croises jusqua antiocheAntioche, prise aux Byzantins par les Seldjoukides en 1085, était une forteresse stratégique. Ses imposantes fortifications, construites sous Justinien, avaient été renforcées et restaient presque intactes après la prise de la ville par trahison. Lorsqu'il devint gouverneur en 1088, Yaghi Siyan savait que la ville, située sur la route vers Jérusalem, serait une cible majeure pour les croisés. En prévision de leur arrivée, il chassa les populations grecques et arméniennes et chercha vainement du soutien auprès des États musulmans voisins.

L’arrivée des croisés à Antioche en octobre 1097 marque le début d’un siège éprouvant, autant pour les assiégeants que pour les défenseurs. Cette confrontation, longue et sanglante, est emblématique des épreuves de la Première Croisade.robert de normandie a la guerre dantioche.jpg

En octobre 1097, les croisés, dirigés par Godefroy de Bouillon, Bohémond de Tarente et Raymond IV de Toulouse, encerclent Antioche. Ils se positionnent autour des différentes portes de la ville, mais la porte Saint-Georges reste accessible, permettant aux assiégés de se ravitailler.

le siege dantiocheLe siège initial se prolonge pendant l’hiver, avec des tentatives sporadiques d’assauts et de sorties. Le manque de coordination entre les chefs croisés empêche un assaut décisif, tandis que les conditions climatiques et le manque de vivres entraînent famine et désertions parmi les troupes. En décembre, une tentative de sortie des Seldjoukides est repoussée par Raymond, mais elle n’aboutit pas à la prise de la ville.

L’hiver 1097-1098 est particulièrement rude. La famine s’installe dans le camp croisé, conduisant à des comportements désespérés. Des cas de cannibalisme sont rapportés, notamment par les Tafurs, une troupe de croisés pauvres et indisciplinés. Ces pratiques horribles, bien que rares, marquent profondément les esprits et sont même utilisées comme arme psychologique pour effrayer les défenseurs de la ville.

On se mit bientôt à étriper et vider les soldats turcs. Un festin cannibale eut alors lieu sous les remparts de la ville d'Antioche. Tafur avait invité les chevaliers à partager ses agapes mais ceux-ci refusèrent. Certains parlent à ce propos d'opération psychologique destinée à effrayer les défenseurs de la ville. Attirés par l'odeur de la chair humaine ainsi grillée, il y eut bientôt 20 000 défenseurs de la ville, incrédules et n'en croyant pas leurs yeux, à contempler du haut des remparts ce repas.

Raoul de Caen et Albert d’Aix rapportent que des croisés auraient mangé les cadavres de leurs ennemis, notamment lors du siège de Maarat. Ces récits, bien qu’amplifiés par les chroniqueurs, témoignent des conditions extrêmes endurées par les croisés.

En mars 1098, des renforts anglais arrivent, apportant du matériel pour construire des machines de siège. L’étau se resserre autour d’Antioche, et la porte Saint-Georges est bloquée, coupant les derniers approvisionnements des assiégés. Simultanément, les croisés reçoivent une ambassade des Fatimides d’Égypte, cherchant à conclure une trêve. Cependant, les croisés refusent tout compromis qui exclut Jérusalem.

La situation prend un tournant décisif lorsque Bohémond entre en contact avec Firouz, un garde arménien mécontent de Yaghi Siyan. Firouz promet d’ouvrir les portes de la ville en échange de garanties personnelles.

Le 2 juin 1098, profitant de la trahison de Firouz, les croisés escaladent les remparts et s’emparent d’Antioche. Les défenseurs seldjoukides sont massacrés, y compris leur gouverneur, Yaghi Siyan. Cependant, la citadelle reste entre les mains des troupes turques, et la ville est désormais assiégée par une armée massive dirigée par Kerbogha, atabeg de Mossoul.

Alors que la situation semble désespérée, un moine, Pierre Barthélémy, prétend avoir eu une vision divine lui révélant l’emplacement de la Sainte Lance, une relique censée avoir percé le flanc du Christ. Sa découverte dans la cathédrale d’Antioche galvanise les croisés. Bien que certains chefs, comme Adhémar de Monteil, restent sceptiques, l’enthousiasme qu’elle suscite redonne espoir à l’armée chrétienne.

Le 28 juin 1098, les croisés, désormais renforcés moralement, sortent de la ville pour affronter l’armée de Kerbogha. Ce dernier, surpris par leur audace, échoue à coordonner ses troupes, divisées par des querelles internes. Les croisés, organisés en six divisions, attaquent avec une énergie renouvelée.

La bataille se transforme rapidement en débâcle pour les forces musulmanes. Les divisions internes de l’armée de Kerbogha et l’élan irrésistible des croisés conduisent à une victoire totale pour ces derniers. La citadelle se rend peu après à Bohémond, qui revendique Antioche pour lui-même.

La prise d’Antioche est une victoire cruciale, consolidant leur contrôle sur le nord de la Syrie. Cependant, les dissensions entre chefs, notamment entre Bohémond et Raymond, compromettent l’unité de l’expédition. Bohémond fonde la principauté d’Antioche, refusant de la rendre aux Byzantins comme convenu initialement.

La défaite de Kerbogha affaiblit les Seldjoukides et expose les divisions internes du monde musulman, facilitant la progression des croisés vers Jérusalem. Cependant, cette bataille marque aussi le début d’une résistance plus organisée face aux croisés dans les décennies suivantes.

L’absence de soutien actif de l’empereur Alexis affaiblit les relations entre Byzantins et croisés. Bohémond exploite cette situation pour justifier sa mainmise sur Antioche, accentuant les tensions entre Orient et Occident.

 

Sources et références

  1. Runciman, Steven. Histoire des Croisades. Paris : Tallandier, 1998.
  2. Grousset, René. L'Épopée des Croisades. Paris : Perrin, 1939.
  3. France, John. Victory in the East: A Military History of the First Crusade. Cambridge : Cambridge University Press, 1994.

 

 

Le Krak des Chevaliers

 

Le krak des Chevaliers (La forteresse imprenable), krak de l'Hospital,  est un château fort, datant de l'époque des croisades, il est situé dans l'ouest de la Syrie, sur les derniers contreforts du jabal Ansariya. Depuis 2006, il est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.

Les Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem gèrent le fort de 1142 à 1271, date de sa conquête par Baybars, sultan des Mamelouks. Cette conquête met fin à 129 ans d'invincibilité du fort.

Dominant d'environ cinq-cents mètres la plaine d'El-Bukeia, situé à proximité du Liban (huit kilomètres), le Krak des Chevaliers fait partie d'un réseau défensif qui parcourt les frontières des anciens États latins d'Orient et contrôle la trouée d'Homs, point stratégique au carrefour des routes reliant Homs, à l'est, à la ville côtière de Tortose, à l'ouest, et Antioche, au nord, à Tripoli puis Beyrouth, au sud. C'est l'un des châteaux croisés les plus prestigieux et les mieux conservés.

En janvier 1099, à l'arrivée de la première croisade, la garnison kurde fut évincée par Raymond de Saint-Gilles qui abandonna les lieux presque immédiatement, son objectif étant Jérusalem. Il tenta en vain de reprendre la forteresse en avril 1102 et c'est finalement Tancrède, le régent d'Antioche, qui s'en empara en 1110 et y installa une garnison franque sous l'autorité du comte de Tripoli. En 1115, une offensive d'Arslan, l'émir d'Alep, fut repoussée.

Au fil des années, l'importance du Krak des Chevaliers crut parallèlement à l'influence des croisés vers l'est mais le coût de sa maintenance conduisit Raymond II à le confier à la garde des Hospitaliers (1142). C'est de cette époque que date le nom « Krak des Chevaliers ». La forteresse pouvait accueillir une garnison de 2 000 hommes3.

Sous l'impulsion des Hospitaliers, plusieurs autres ouvrages défensifs furent construits dans les environs et le Krak des Chevaliers fut dès lors relié par signaux de feu et par pigeons voyageurs aux fortifications de Gibelacar et Chastel Rouge (Hospitaliers) et de Chastel Blanc et Arima (Templiers).

 

 

La deuxième croisade

 

 

  

1147-1149 - Les difficultés ne cessent pas durant toute l’expédition de la deuxième croisade. Les tensions sont toujours vives avec les Byzantins, qui sont en plus occupés face aux Normands de Sicile. Pour ne rien arranger, les croisés arrivent au sein d’un royaume de Jérusalem miné par les rivalités, et sous l’influence de la reine Mélisende, Baudoin III étant trop jeune pour régner. S’ajoutent à cela les rumeurs d’infidélité d’Aliénor d’Aquitaine, femme de Louis VII ! Mal conseillés, les deux souverains croisés échouent devant Damas. Conrad III décide de rentrer en Occident à l’automne 1148, et Louis VII l’imite au printemps 1149.

1146-1163 - La mort de Zanki (assassiné en 1146) ne ranime pas les divisions au sein de cette dynastie. Luis succède son fils Nûr al-Din, qui continue le combat contre les émirs, et le jihad contre les Francs. En 1149, il bat lourdement Raymond de Poitiers, menaçant fortement la principauté d’Antioche ; en 1154, il soumet la Syrie. Il connait toutefois quelques difficultés (perte d’Ascalon en 1153, défaite d’Harim en 1157, ou échec devant le Krak en 1163). Nûr al-Din décide ensuite de se tourner vers les rivaux fatimides…

1163-1174 - Règne d’Amaury 1er de Jérusalem. Son obsession : l’Egypte. Il tente de l’envahir à plusieurs reprises, mais échoue. Il meurt lors de sa dernière tentative, alors que le royaume de Jérusalem est menacé au Nord par Nûr al-Din, et au Sud par Saladin.

1164-1174 - Nûr al-Din charge Shirkûh de prendre l’Egypte ; il est accompagné par son neveu Saladin. Celui-ci devient vizir en 1169, et se présente de plus en plus comme un rival de Nûr al-Din. Quand celui-ci meurt en 1174, Saladin est déterminé à unir les musulmans pour faire je jihad et reconquérir Jérusalem.

1174-1185 - Règne de Baudoin IV de Jérusalem. Le roi lépreux tient courageusement de résister à la menace Saladin, qu’il bat à Montgisard (1177). S’il réussit à relativement gérer le cas Renaud de Châtillon, il ne peut rien faire contre les ambitieux qui l’entourent, à commencer par sa sœur Sibylle et son mari Guy de Lusignan, qui mettent la main sur la couronne après sa mort et le court règne de son neveu.

1174-1187 -  Saladin passe ces années à parallèlement combattre les Francs et mater ses rivaux zankîdes. Il parvient au milieu des années 1180 à unifier les musulmans derrière sa bannière, avec le soutien du calife de Bagdad (il a lui-même déposé le calife fatimide), et lance le jihad pour Jérusalem. Profitant des divisions au sein du royaume latin. Il bat les croisés à Hattin (juillet 1187), où il fait prisonnier le roi Guy de Lusignan. Le 2 octobre 1187, il entre victorieusement dans Jérusalem.

1183-88 - L’empereur germanique Frédéric Barberousse assoit son pouvoir avec la paix de Constance (1183). L’empire pacifié, il décide de prendre la Croix à la diète de Mayence en 1188

1186-89 - En Occident, la lutte fait rage au sein de la dynastie Plantagenêt, entre le roi Henri et son fils Richard. Ce dernier est soutenu par le roi de France, Philippe II Auguste. En juillet 1189, Richard Cœur de Lion monte sur le trône d’Angleterre et décide d’honorer le vœu de croisade de son père.

 

 

 

La troisième croisade

 

1187-1192 : le pape Grégoire VIII, puis son successeur Etienne III, appellent à la troisième croisade après le choc de la nouvelle de la reconquête de Jérusalem par Saladin. Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion partent ensemble, mais leur rivalité explose lors de leur escale en Sicile en 1190. La même année, en mars, Frédéric Barberousse se noie dans les Dardanelles. En 1191, après avoir mis la main sur Chypre, Richard Cœur de Lion prend Acre avec le roi de France ; en septembre, il bat Saladin à Arsouf. Entretemps, Philippe Auguste est rentré dans son royaume. L’année 1192 voit la lutte continuer entre le souverain anglais, qui hésite toujours à attaquer Jérusalem, et un Saladin vieillissant. Après aveoir signé une trêve avec le sultan, Richard rentre en Occident où son frère Jean et Philippe ont bien profité de son absence…

1193 : mort de Saladin. L’empire ayyûbide entre dans une grande période de divisions.

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