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| Louis-Bertrand de MASGONTIER | ||||||
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Il occupait la charge de "hâteur de cuisine bouche" en quartier d'avril au service de l'officier. On estime qu'il commence son activité aux alentours de 1641, date spécifiée dans les lettres de vétérance obtenues en 1682. De son mariage en 1ère noce avec Isabeau de Villeneuve il eut 6 enfants : 1 - François de MASGONTIER (1631) en seconde noce avec Frontonne de LAFON :
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En 1681, Louis-Bertrand de Masgontière dit Magontier quitte son village de Saint-Yrieix dans le Limousin pour ocuper l'office de "garçon ordinaire" en tant que "hâteur de cuisine bouche à la cour de Versailles à la suite de la démission de Charles Dufresney (1). Sa famille tiendra l’office durant quatre générations, jusqu’en 1790. Ses pères et mères sont Jean Masgontier et Frontonne de Lafon. Il devint administrateur de l'Hôpital royal et général de St Germain en Laye La famille Magontier, était implantée à Saint-Yriex dans le Limousin. Les conditions générales de l’économie ne semblent pas être à l’origine de la décision de quitter sa province, Saint-Yriex s’étant relevée des épreuves des guerres de religion et est décrite comme un bourg attractif en cette fin du XVIIe siècle en raison du privilège de sa foire L’une de ses branches se rapporte aux Hugon de Masgonthière. (3) Par ailleurs Louis Tutleye (4) rapporte la mention de l’ennoblissement de deux frères en 1674 que sont François Magontier, sieur de Laubanye, et Yriex de Magontier, sieur de La Combe. Les liens ne sont pas formellement identifiés avec notre famille, une hypothèse consiste à les agréger au premier lit de Jean Magontier, père de Bertrand Magontier. Il s’agirait alors de demi-frères.
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sources : (1) Base Prosocour (La base Prosocour recense les femmes et les hommes qui occupèrent des charges à la cour des rois Louis XIV, Louis XV et Louis XVI. Elle comporte déjà 26 426 individus et grandit perpétuellement.) A.N., O1 25, f. 303v, 26.XI.1681, retenue sur démission. Mentionné également en activité, A.N., Z/1a/487, p. 152, année 1685 et p. 154, année 1686. (2) Sandrine Jauneau, chargée de recherche au Centre de recherche du château de Versailles, a présenté en 2019 une étude dans le cadre d'un MASTER2 intitulé : Les garçons ordinaires de la chambre du roi (1663-1789). https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-03126899/file/DESCLOS%20DE%20LA%20FONCHAIS_Sandrine_2019.pdf A.D. des Yvelines, BMS 1691-1692, 1168921, Mariage, 18.II.1692, folio XLIII, Paroisse Saint-Germain-de-Paris. (3) A.N., MC/ET/VII/465, 24.IX.1784, acte de notoriété : Notoriété de Masgontier 22.IX.1784. « Aujourd'hui sont comparus devant les conseillers du roy notaires au châtelet de Paris sieur Claude Thomas Daurlier secrétaire de la chambre des comptes demeurant à Paris rue st denis paroisse st sauveur ; et sieur Nicolas Joseph Jacques Sutat bourgeois de Versailles et demeurant rue des tournelles paroisse St Louis (...) Lesquels ont certifié et attesté pour vérité et notoriété, qu'ils ont parfaitement connu M. Jean Hugon Masgontière, qu'il est maître d'hôtel du roy, son gentilhomme ordinaire, premier valet de chambre de Monsieur ; que c'est par erreur, si, dans plusieurs actes ou pièces, et notamment sur les états des maisons du roy et de Monsieur il a été nommé Jean Masgonthiere ou autrement, au lieu de Jean Hugon de Masgontière, qui sont ses véritables noms, ainsi qu'il résulte de son extrait baptistaire tiré des registres de la paroisse de Soudaine diocèse de Limoge, dont une copie duement légalisée a été délivrée par M. Duverger prêtre curé de la paroisse le 4 septembre 1779. Extrait de la paroisse de Soudaine : le 2 Juin 1717 est né Jean Hugon de Masgontière fils légitime de M. Jean Hugon Duprat de Masgontière, écuyer, et de Dame Marie Keroulet (...) et a été baptisé le même jour (...) ». (4) Les officiers sous l’ancien régime : nobles et roturiers, 1908. Lettres données au mois de janvier 1674 et enregistrées en la Cour des Aides le 18 février 1675. |
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Le registre de mariage mentionne les fonctions de Jean Magontier, père de notre garçon ordinaire. Celui-ci est commensal à la cour de France en qualité d’écuyer de la bouche du roi. Par ailleurs, un acte notarié daté de 1648 (5), fait apparaître le village d’origine et la province de la famille, Saint-Yrieix en Limousin. On estime qu’il commence son activité aux alentours de 1641, date spécifiée dans les lettres de vétérance obtenues en 1682 (6) C’est donc tout naturellement que son jeune fils Louis-Bertrand commence ses fonctions à la Bouche, en tant que « hâteur de Cuisine Bouche ». Il est ainsi nommé survivancier de son père en mars 1670 (7) et est très certainement à la même époque également garde-vaisselle de Cuisine-Bouche, puisqu’il démissionne en janvier 1681 pour laisser sa place à Adrien Meytraud (8) À la fin de cette même année, Louis-Bertrand, que les actes nomment plus volontiers Bertrand, commence son service à la Chambre du roi. Il transmet sa charge en survivance à son neveu Jean-Bertrand Hugon de Magontière le 20 octobre 1715 (9) Jean-Bertrand était né vers 1689 et décédé le 27 janvier 1744, il avait épousé Marie Queyroulet le 13 août 1713 au Moustier de St-Yrieix-la-Perche (10) dont il eut 6 enfants (Jean, Marie-Louise, Marie-Elisabeth, Guillaume-Nicolas, Jean-Baptiste, Louise-Jeanne).
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sources : (5) A.N., MC/ET/CXXI/13, 16.VII.1648. Obligation par Bertrand Magontier, hasteur de la Bouche du Roi à Jean Magontier, écuyer de la bouche du Roi. S'obligent solidairement à rembourser le sieur Amet Tissier bourgeois de Paris, de la créance de 400 livres tournois (6) - A.N., O1 26, f. 210, 13.VII.1682, lettres de vétéran pour Jean Magontier, hâteur de Cuisine Bouche servant depuis l’année 1641, à Versailles le 13 Juillet 1682. (7) - La Maison-bouche et commune Étant donné le nombre de bouches à nourrir à la cour, ce département était le plus considérable de la Maison. Dirigée par le grand maître de France, assisté du premier maître d'hôtel, la Maison-bouche, en charge de la table royale, comprenait trois offices : le gobelet-pain (paneterie-bouche), le gobelet-vin (l'échansonnerie-bouche) et la cuisine-bouche. La Maison-commune ou Grand Commun, destinée aux tables secondaires des officiers, incluait quatre offices : la paneterie-commune, l'échansonnerie-commune, la cuisine-commune ainsi que la fruiterie (éclairage et fruits) et la fourrière (bois et charbon pour la cuisine et le chauffage). De 1664 à 1780, s'y ajouta le Petit-commun pour les deux tables d'honneur de la cour, celles du grand maître et du grand chambellan. Du fait de la multiplication des dîners privés dans les cabinets intérieurs et les Petits appartements du roi ou dans ses résidences de plaisance, un service informel finit par se structurer vers 1759 sous la forme du service des Petits appartements, d'une part, et du service "aux extraordinaires" ou service privé des maisons de plaisance du roi, d'autre part. Au sein du contrôle général de la Maison-bouche et commune, le comptable était le maître de la Chambre aux deniers, qui rédigeait chaque année un budget prévisionnel détaillé intitulé "état et menu général de la dépense ordinaire de la Chambre aux deniers du roi, année xxxx", ancêtre de nos "menus" de table (dont - Arch. nat., O/1/767/bis-O/1/779 et trente-cinq exemplaires à la BnF). A.N., O1 15, f. 194v-195v, 18.III.1670, survivance. (8) A.N., O1 25, f. 31, 17.I.1681, retenue sur démission. (9) A.N., O1 59, f. 183, 20.X.1715, survivance. (10) contrat de mariage devant Thouron, notaire à St-Yrieix. |
Solidarités familiales
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Les solidarités sont très présentes sous l’Ancien Régime. On remarque qu’au sein de l’ensemble des familles des garçons ordinaires, seuls les Magontier apportent une preuve irréfutable d’illustration de solidarité familiale. Il s’agit d’un acte notarié déjà évoqué qui mentionnait l’origine géographique de la famille (11) Cette pièce permet par ailleurs de mieux cerner l’esprit d’entraide qui anime une famille à l’époque moderne. En 1648, Jean Magontier, père de notre premier garçon ordinaire, contracte devant notaire une obligation solidaire de remboursement concernant un loyer à Paris. Le texte fait apparaître la fonction de son oncle prénommé Bertrand, déjà implanté à la cour en tant que hâteur de la bouche du roi : Jean Magontier se serait ainsi installé à Paris, accueilli par son oncle Bertrand, qui illustre ainsi un exemple de solidarité familiale, oncle qui lui fournit ensuite la place de hâteur de Cuisine Bouche en 1641. On estime qu’il commence son activité aux alentours de 1641, en raison de lettres de vétérance (12) qu’il obtient en 1682. L’année 1641 étant certainement celle de démission de son oncle Bertrand.
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Droits d’aubaine et dons de places
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Nous avons mention de trois cas de droits d’aubaine pour Louis-Bertrand de Magontier en 1684 et François Antoine (13). Le droit d’aubaine résulte de l’incapacité juridique de l’aubaine ou étranger, à pouvoir tester afin de léguer ses biens à sa famille, ce depuis l’ordonnance de Charles VI en 1386 qui réserve au roi la succession des aubains en Champagne. Le jurisconsulte Jean Bodin, explique ainsi que : « Le privilège le plus remarquable du citoyen par rapport à l’étranger est sa capacité à rédiger un testament et à disposer de ses biens selon le droit coutumier, ou de les léguer à ses proches. L’étranger ne dispose ni de l’un ni de l’autre, et ses biens reviennent au seigneur du lieu où il est décédé ».
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Brevets de gratification et brevets de pension
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Les brevets sont allégués comme récompense, en guise de retraite ou d’assurance. Les brevets de pensions ont été accordés à des âges compris entre 32 ans et 78 ans, la majorité des brevets accordant une somme de 600 livres tournois, et cela toutes périodes confondues. Cette somme semble être le montant médian accordé également pour d’autres charges éminemment plus convoitées. Pour les deux premiers types, on relève ainsi les cas de Louis-Bertrand Magontier en 1701 (14) puis de son fils en 1733 (15) pour les mêmes sommes de 600 livres tournois de pension sur le Trésor royal.
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Les logements nécessaires au service de la fonction
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Si la charge de garçon ordinaire ne dispose d’aucun logement « de droit » pour ses détenteurs, la permanence du service impose pourtant une proximité géographique que l’officier fait en sorte d’obtenir par divers moyens. Jean Hugon de Masgontière est logé au Grand commun en 1757 (16) avant l’obtention d’autres charges qui allèguent d’un droit de logement (voir Annexe 5). Le logement occupé antérieurement par la veuve Lazure, ancienne femme de chambre des enfants de France se compose de 5 pièces ainsi que de 7 autres en entresol, avec balcon (17). Il lui faut six ans avant d’obtenir l’accord du roi pour l’obtention du logement.
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Le voisinage à travers les sources
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Les sources consultées ont ainsi pu faire état des officiers commensaux ayant bénéficié des dons de places et indiquent également la manière dont ce groupe s’inscrit dans l’environnement relationnel de la paroisse. Sans surprise, il semble que ce soit d’autres commensaux qui fassent partie du voisinage proche. Laurent Basire est loti d’un terrain donnant sur la rue des Tournelles, dans le quartier du Parc-aux-Cerfs, « contenant 21 t de profondeur sur 11t de large tenant d'un côté au Sieur Magontier de l'autre aux Sieurs Lagrange et Margerit, et par derrière aux Sieurs La Vienne et Quentin ». Les prénoms ne sont pas précisés mais il s’agit sans doute de François-Quentin de La Vienne, valet de chambre du roi en 1671, de Jean Quentin, premier valet de garde-robe et de Touchebois de Lagrange, garçon ordinaire de la Chambre. On ne se risquera pas toutefois à avancer d’hypothèses sur les Magontier en raison du nombre important d’officiers portant ce patronyme. Si l’on s’en tient aux estimations de Paul Fromageot, le terrain aurait dû coûter environ 231 livres à l’officier si celui-ci n’avait pas été gratifié du don.
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Fortunes et patrimoine
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Les garçons ordinaires avaient comme gages 650 livres annuelles, montant d’une stabilité exemplaire qui couvre toute la période de l’étude de 1663 à 1789. Il faut ajouter à ce montant les rétributions liées aux services extraordinaires et émoluments qu’un document fin XVIIIe siècle chiffrait à 4 400 livres.
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