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en savoir plus 2  La famille de Masgontier sous le règne de Louis XIV

Les garçons ordinaires de la Chambre du roi à la cour de France (1663-1789)

Sandrine Jauneau-Desclos de La Fonchais

 

 

Louis-Bertrand de Masgontière dit Magontier devient garçon ordinaire en 1681 (1) à la suite de la démission de Charles Dufresny. Sa famille tiendra l’office durant quatre générations, jusqu’en 1790. Un registre paroissial (2) mentionne son mariage en février 1692 avec Blanche Anne Vinage. Ses père et mère sont Jean Magontier et Frontonne de Lafon. Une des branches de cette famille se rapporte aux Hugon de Masgonthière (3). Par ailleurs Louis Tutleye rapporte la mention de l’annoblissement de deux frères en 1674 que sont François Magontier, sieur de Laubanye, et Yriex de Magontier, sieur de La Combe. Les liens ne sont pas formellement identifiés avec notre famille, une hypothèse consiste à les agréger au premier lit de Jean Magontier, père de Bertrand Magontier . Il s’agirait alors de demi-frères. Le registre de mariage mentionne les fonctions de Jean Magontier, père de notre garçon ordinaire. Celui-ci est commensal à la cour de France en qualité d’écuyer de la bouche du roi. Par ailleurs, un acte notarié (4) daté de 1648, sur lequel nous reviendrons plus tard, fait apparaître le village d’origine et la province de la famille, Saint-Yrieix en Limousin. On estime qu’il commence son activité aux alentours de 1641, date spécifiée dans les lettres de vétérance (5) obtenues en 1682. C’est donc tout naturellement que son jeune fils Louis-Bertrand commence ses fonctions à la Bouche, en tant que « hâteux de Cuisine Bouche ». Il est ainsi nommé survivancier de son père en mars 1670 (6) et est très certainement à la même époque également garde-vaisselle de Cuisine-Bouche, puisqu’il démissionne en janvier 1681 pour laisser sa place à Adrien Meytraud (7). À la fin de cette même année, Louis-Bertrand, que les actes nomment plus volontiers Bertrand, commence son service à la Chambre du roi. Il transmet sa charge en survivance à son neveu Jean-Bertrand Hugon Duprat de Masgontière le 20 octobre 1715

 (1) A.N., O1 25, f. 303v, 26.XI.1681, retenue sur démission. Mentionné également en activité, A.N., Z/1a/487, p. 152, année 1685 et p. 154, année 1686.

(2) A.D. des Yvelines, BMS 1691-1692, 1168921, Mariage, 18.II.1692, folio XLIII, Paroisse SaintGermain-de-Paris

(3) A.N., MC/ET/VII/465, 24.IX.1784, acte de notoriété : Notoriété de Masgontier 22.IX.1784. « Aujourd'hui sont comparus devant les conseillers du roy notaires au châtelet de Paris , sieur Claude Thomas Daurlier secrétaire de la chambre des comptes demeurant à Paris rue st denis paroisse st sauveur ; et sieur Nicolas Joseph Jacques Sutat bourgeois de Versailles et demeurant rue des tournelles paroisse St Louis (...) Lesquels ont certifié et attesté pour vérité et notoriété, qu'ils ont parfaitement connu M. Jean Hugon Masgontière, qu'il est maître d'hôtel du roy, son gentilhomme ordinaire, premier valet de chambre de Monsieur ; que c'est par erreur, si, dans plusieurs actes ou pièces, et notamment sur les états des maisons du roy et de Monsieur il a été nommé Jean Masgonthiere ou autrement, au lieu de Jean Hugon de Masgontière, qui sont ses véritables noms, ainsi qu'il résulte de son extrait baptistaire tiré des registres de la paroisse de Soudaine diocèse de Limoge, dont une copie duement légalisée a été délivrée par M. Duverger prêtre curé de la paroisse le 4 septembre 1779. Extrait de la paroisse de Soudaine : le 2 Juin 1717 est né Jean Hugon de Masgontière fils légitime de M. Jean Hugon Duprat de Masgontière, écuyer, et de Dame Marie Keroulet (...) et a été baptisé le même jour (...) ».

(4) A.N., MC/ET/CXXI/13, 16.VII.1648. Obligation par Bertrand Magontier, hasteur de la Bouche du Roi à Jean Magontier, écuyer de la bouche du Roi. S'obligent solidairement à rembourser le sieur Amet Tissier bourgeois de Paris, de la créance de 400 livres tournois.

(5) A.N., O1 26, f. 210, 13.VII.1682, lettres de vétéran pour Jean Magontier, hâteux de Cuisine Bouche servant depuis l’année 1641, à Versailles le 13e Juillet 1682

(6) A.N., O1 15, f. 194v-195v, 18.III.1670, survivance

(7) A.N., O1 25, f. 31, 17.I.1681, retenue sur démission